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Le premier des deux récits qui composent ce volume, la Tribu des loups (Wolfbane, 1959), décevra sans doute ceux qui placent très haut (à juste titre) le tandem Pohl-Kornbluth, pour l'admirable Planète à gogos (The Space Merchants, 1953) voire le remarquable l'Ère des gladiateurs (Gladiator-at-law, 1955) : la confrontation d'un homme à une société inhumaine — ici, un « Loup » parmi les « Moutons » qui ont réagi au kidnapping de la Terre par les « Pyramides » en ritualisant les moindres détails de la vie pour éviter les heurts fatals et économiser l'énergie — est sacrifiée à la peinture de ces « Pyramides », peu originales machines pensantes qui ont éliminé leurs maîtres, et du « Cristal de neige », assez sturgeonesque association de huit cerveaux humains ; la conclusion est à la fois sarcastique (les « Moutons » sauvés par le « Loup » le couvrent d'honneurs... pour l'étouffer) et mystique (« il faut bien que quelqu'un renonce à la chair pour contrôler l'orbite et le climat de la Terre »). Pohl — comme l'histoire de France récente — joue à porter au pinacle des personnages auxquels leur nom aurait été fatal si le ridicule tuait : après le « loup » Tropile, le mathématicien ivrogne Cornut ; cette Promenade de l'ivrogne (Drunkard's walk, 1960) — signée du seul Pohl, Kornbluth étant mort entre temps — et un jeu de mots sur le mouvement brownien d'une part, et d'autre part le moyen utilisé pour résister aux suggestions télépathiques des Mutants : il y a un beau suspens au début, et à la fin un beau coup de théâtre — à la manière de la Guerre des cerveaux — qui reprend l'idée que « le danger des Mutants » n'est autre qu'une transposition de la rivalité des générations (la plus belle illustration en est Absalom de Kuttner), mais en la retournant. La comparaison de ces deux oeuvres me semble personnellement favorable à P. sans K.
George W. BARLOW Première parution : 1/11/1976 dans Fiction 274 Mise en ligne le : 18/10/2000
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Base mise à jour le
17 mai 2013.
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