Temps blancs
Illustration de Stéphane DUMONT
DENOEL, coll. Présence du futur n° 273, 1er trimestre 1979
256 pages, catégorie / prix : 2, ISBN : néant
Il y a la Cité. Au coeur, les Ordinateurs centraux, qui contrôlent
le temps et les gens. Il y a la Périphérie, domaine en ruine
des Mutants, oscillant entre deux temps.
Et il y a la Campagne, légende pour les citoyens, rêve pour les
Mutants, réalité glaciale pour les autres. Car le froid polaire
étend inexorablement ses tentacules de givre repoussés
sans cesse par les ordinateurs de la Cité. Il y a le temps qui se détraque,
des projets qui s'écroulent et des rêves qui naissent. Il y a
la vie programmée de la Cité, sauvage de la Périphérie,
végétative de la Campagne. Il y a l'espoir enfin l'espoir
de temps meilleurs au milieu du chaos, l'espoir de survivre aux loups blancs,
l'espoir de connaître une parcelle de réalité.
Critiques :
http://www.quarante-deux.org/archives/curval/chronique/monde/1979_08_03.html
La chronique de Philippe Curval
le Monde 10733, 3 août 1979, p. 11
Jean-Marc Ligny : Temps blanc
Une apocalypse froide
Peu de jeunes auteurs de S.-F. en France, abordent cette littérature sans les préjugés de leurs lectures. Tout un arsenal de références, d'allusions, encombre souvent leurs premiers textes.
Jean-Marc Ligny nous offre au contraire, avec Temps blancs, un premier roman tout neuf, où la pacotille du répertoire est absente.
Dans ce livre, Jean-Marc Ligny raconte le chaos à sa manière. Les personnages, naufragés de leur propre solitude dans un monde voué à la glace et à la pollution, cherchent à rassembler les fragments de l'ex-civilisation urbaine. Peut-être pour reconstituer l'itinéraire du naufrage et en comprendre les causes. À moins que ce ne soit pour tenter de découvrir d'autres méthodes de vie au moment où tout semble perdu pour l'humanité.
Ce qui attache dans cette uvre touffue, souvent obscure, c'est qu'elle tente d'aborder la Science-Fiction par l'écriture, de traiter enfin le thème de la fin d'un monde par d'autres biais que l'anecdote. Le tremblement sensible du style trahit l'effroi de l'apocalypse froide.
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