icone lignyQui suis-je ?

 

- Pour commencer, où et quand êtes-vous né ?
- À Paris, l'année précédent l'envol du premier Spoutnik. Je vous laisse calculer…
- Hum…Votre cursus scolaire ?
- J'ai eu le bac, option littéraire, mais je n'ai jamais mis les pieds dans une fac.
- Pourquoi donc ?
- Je voulais travailler pour me payer du matériel de musique, car à l'époque, je rêvais de devenir musicien…
- Musicien classique ?
- Non ! Guitariste de rock.
- Et vous y êtes parvenu ?
- Non, hélas… C'est pourquoi, à vingt ans, je me suis lancé dans la littérature.
- Quel genre de littérature ?
- La science-fiction et le fantastique. La seule littérature digne d'intérêt à mes yeux.
- Je vois… Vous disiez que vous avez travaillé. Quels boulots avez-vous fait ?
- En sortant de l'école, j'ai bossé à la SNCF. Après j'ai fait divers jobs saisonniers, genre cueillir les pommes ou les cerises… Puis j'ai suivi une école formant aux métiers de l'édition, ce qui m'a permis ensuite de bosser comme claviste dans une imprimerie. C'est ainsi que j'ai pratiqué le traitement de texte bien avant que les premiers micro-ordinateurs n'arrivent dans les bureaux et chez les particuliers…
- Ça c'est intéressant. D'autres expériences dans ce domaine ?
- Mon dernier job en date a été de tenir, durant le week-end, la rédaction locale d'un quotidien en remplacement du rédac-chef… Je l'ai lâché en 98.
- Quel quotidien ?
- Le Télégramme, un journal breton. Je vivais en Bretagne à cette époque.
- Pourquoi l'avez-vous lâché ?
- Pour me consacrer pleinement à l'écriture. Je ne le regrette pas !
- Revoilà cette satanée écriture. Ça marche, au moins ?
- Je n'ai pas à me plaindre. J'ai reçu quelques prix…
- Lesquels ?
- Le Grand Prix de l'Imaginaire pour Inner City en 97, le prix Rosny Aîné pour Jihad en 99, le Prix de la Tour Eiffel pour Les Oiseaux de lumière en 2001…
- Ça ne me dit rien.
- Ce sont des prix décernés à des ouvrages de science-fiction.
- Et le Goncourt ? Le Renaudot ?
- Le jour où ils s'intéresseront à la SF, c'est qu'il y aura eu une révolution !
- Vous n'en sortez donc jamais, de votre fichue science-fiction ?
- Si, pour écrire du fantastique.
- C'est la même chose.
- Pas exactement. Si ça peut vous rassurer, j'écris également pour la jeunesse …
- Des contes de fées ?
- Non ! Des romans de science-fiction et de fantastique.
- Pfff…
- En 2005, j'ai démarré une grande saga historique pour adultes, en collaboration avec le scénariste de BD Patrick Cothias, intitulée Monsieur Nemo et l'Éternité.
- Ah ! Enfin quelque chose de sérieux. Historique, vous dites ? Quelle époque ?
- Le XIXe siècle, pour commencer. Mais nous irons jusqu'à la fin du XXIe… et il y aura quelques éléments fantastiques dedans, bien sûr. On ne se refait pas, hein ?
- Non, en effet. D'autres projets ?
- Un roman politique et social sur le réchauffement climatique et les guerres pour l'eau, à paraître chez l'Atalante, intitulé Lente Agonie… Et la réédition, revue et corrigée, de quelques uns de mes anciens titres qui ne sont plus disponibles.
- Que de la littérature, en somme… Marié ? Des enfants ?
- J'ai été marié, mais plus maintenant. Je vis dans les Monts du Forez, avec ma compagne Licorne, qui elle a deux grandes filles.
- Et votre… littérature suffit à faire vivre cette famille ? Elle bosse, votre compagne ?
- Licorne m'aide beaucoup dans mon travail. À deux, on se débrouille…
- Que faites-vous d'autre, à part écrire ?
- Il m'arrive parfois de participer à des débats, des conférences ou d'animer des interventions scolaires, autour de mes livres ou en ateliers d'écriture… Sinon, j'écoute beaucoup de musique, et peu à peu, je m'initie au cheval… Nous avons deux chevaux.
- Mouais, je vois. Je suis désolé, M. Ligny, mais vous ne convenez pas pour ce poste.
- Eh bien, tant mieux. De toute façon, l'écriture est toute ma vie et tant que j'aurai tous mes doigts et toute ma tête, je n'envisage pas de faire autre chose. Bonsoir, Monsieur.

 

 

utopia 98.jpgToute la fine fleur de la SF française réunie au Futuroscope à Poitiers, en novembre 98, pour la première édition du festival Utopia. De gauche à droite : Jean-Marc Ligny, Jean-Claude Dunyach, Pierre Bordage (derrière), Ayerdhal (devant), Serge Lehman, Roland Wagner, Laurent Genefort et Michel Pagel. Le monsieur assis devant n'est autre que... Jack Vance himself!

(photo © Régine Cuisset)